Responsabilité du fabricant

RC Pro prothésiste dentaire : ce dont vous répondez

Vous ne touchez jamais le patient : vous fabriquez sur prescription. Vous répondez donc de la <strong>conformité de ce que vous livrez</strong>, pas du soin.

Votre devis en 2 min

Un courtier spécialisé, réponse sous 24 h.

Demander mon devis

Gratuit et sans engagement

Votre périmètre

Ce dont répond un prothésiste dentaire, et ce dont il ne répond pas

Le point de départ est statutaire : le prothésiste dentaire est un artisan fabricant. Il ne pose rien, ne diagnostique rien, n'examine personne.

La réponse ministérielle du Sénat (QE n° 22294) le formule sans ambiguïté : la profession ne relève pas du code de la santé publique, elle dépend du ministère chargé de l'artisanat, le prothésiste n'est pas un auxiliaire médical et il n'a pas d'accès direct au patient. Il intervient à partir des indications techniques, empreintes ou modèles fournis exclusivement par le chirurgien-dentiste.

Sa responsabilité est donc celle d'un fabricant : il répond du produit livré. Non-conformité à la prescription, défaut de matériau, malfaçon, casse prématurée, erreur de teinte ou de morphologie, retard de livraison : voilà son terrain. Pas l'échec thérapeutique, pas le choix de la solution prothétique, pas la pose.

La RC Pro est-elle obligatoire ?

Pas par la loi, mais exigée en pratique

Aucun texte n'impose au prothésiste dentaire une RC Pro : l'obligation de l'article L.1142-2 du code de la santé publique vise les professionnels de santé, ce qu'il n'est pas.

Mais elle est réclamée partout : par les cabinets et centres dentaires avant de confier un travail, par le bail du local, par les appels d'offres des réseaux de soins et des centres mutualistes. Un laboratoire sans attestation de RC Pro perd des donneurs d'ordre.

Les situations

Quatre situations qui mettent en cause un laboratoire

Un défaut de produit, une empreinte douteuse, un retard, un modèle perdu : voici ce qui déclenche une réclamation contre un prothésiste dentaire.

Prothésiste examinant à la loupe une couronne fêlée sur un modèle en plâtre

Le produit

Un lot de couronnes qui casse

Porosité, alliage inadapté, céramique qui éclate : le défaut du produit engage le laboratoire, même sans contrat avec le patient (art. 1245 du code civil).

  • Défaut de matériau
  • Reprise des travaux
Prothésiste perplexe devant une empreinte dentaire déformée

La prescription

Une empreinte douteuse fabriquée quand même

L'empreinte est imprécise, vous fabriquez sans rien dire : le litige se partage mal. Une réserve écrite au cabinet avant de produire déplace la responsabilité.

  • Devoir d’alerte
  • Prescription écrite
Coursier attendant devant une boîte de livraison de prothèses pendant que le prothésiste regarde l’horloge

Le délai

Un retard de livraison au cabinet

La pièce n'arrive pas à temps, la séance de pose est annulée. Le cabinet réclame son préjudice : sans extension, le pur retard financier reste souvent exclu.

  • Séance annulée
  • Dommage immatériel
Modèles en plâtre renversés et brisés sur le sol d’un laboratoire

Les biens confiés

Des modèles du cabinet détruits

Modèles, empreintes et travaux en cours appartiennent aux cabinets. Leur perte relève d'une garantie « biens confiés », à prévoir au contrat.

  • Modèles
  • Travaux en cours
La multirisque du laboratoire

Labo ou dentiste ?

La question que personne ne tranche : labo ou chirurgien-dentiste ?

C'est le litige central du métier. Une prothèse qui ne convient pas peut venir du laboratoire, du praticien ou des deux, et la ligne de partage est juridique.

Deux régimes cohabitent. Le laboratoire est un producteur au sens de l'article 1245 du code civil : il répond du dommage causé par un défaut de son produit, qu'il soit ou non lié par un contrat avec la victime. Le patient, qui n'a aucun contrat avec vous, peut donc agir directement contre vous, à charge pour lui de prouver le défaut.

Le chirurgien-dentiste, lui, répond d'une faute. La Cour de justice de l'Union européenne a jugé, le 21 décembre 2011 (affaire C-495/10), que le professionnel de santé qui utilise un dispositif acquis auprès d'un tiers n'en est pas le producteur.

Sa responsabilité suppose donc une faute prouvée : plan de traitement, choix de la solution, prise d'empreinte, pose ou suivi.

Votre meilleure défense est écrite.

Dans ce type de litige, gagne celui qui peut produire un dossier. Conservez la prescription écrite reçue, la fiche de fabrication, les lots de matériaux utilisés, les échanges avec le praticien, et surtout vos réserves : si une empreinte est douteuse ou une prescription techniquement discutable, écrivez-le au cabinet avant de fabriquer. Un devoir d'alerte exercé et tracé déplace la responsabilité.

Origine du problèmeQui répondSur quel fondement
Matériau non conforme, alliage inadaptéLe laboratoireDéfaut du produit (art. 1245 c. civ.)
Réalisation non conforme à la prescription écriteLe laboratoireInexécution contractuelle envers le praticien
Malfaçon, porosité, casse prématuréeLe laboratoireDéfaut du produit
Empreinte inexploitable ou impréciseLe chirurgien-dentisteFaute dans l’acte clinique
Plan de traitement inadapté, choix prothétique discutableLe chirurgien-dentisteFaute dans la conception du traitement
Défaut de pose, scellement, réglage de l’occlusionLe chirurgien-dentisteFaute dans l’acte clinique
Prescription imprécise suivie à la lettreLe chirurgien-dentiste, sauf devoir d’alerte du laboFaute du prescripteur

Votre RC Pro de fabricant

Un courtier spécialisé des artisans cadre la garantie sur ce que vous livrez réellement, sous-traitance comprise.

Obtenir mon devis
  • Produits livrés et reprise de travaux
  • Sous-traitance et usinage extérieur
  • Défense en cas de litige avec un cabinet
  • Devis gratuit et sans engagement

DM sur mesure

Dispositif médical sur mesure : conformité et traçabilité

Chaque prothèse est un dispositif médical sur mesure au sens du règlement européen (UE) 2017/745. Vous en êtes le fabricant, avec les obligations qui vont avec.

Ce qui doit être tracé
Identification du dispositif et du patient, prescripteur, caractéristiques prescrites, matériaux et lots, étapes de fabrication, sous-traitants éventuels.
Cobalt
Depuis le 9 septembre 2021, un dispositif contenant du cobalt doit porter la mention signalant cette substance CMR.
Système qualité
Le règlement impose un système de gestion de la qualité et une surveillance après commercialisation, proportionnés à l’activité.
Pourquoi ça compte en assurance
Un dossier de traçabilité complet est ce qui permet de démontrer que le défaut ne vient pas de vous.
Règlement (UE) 2017/745

Annexe XIII : la procédure des dispositifs sur mesure

Le fabricant d'un dispositif sur mesure établit une déclaration (annexe XIII, section 1) qui accompagne le dispositif et est mise à la disposition du patient ou de l'utilisateur. Elle identifie notamment le dispositif, le prescripteur et les caractéristiques prescrites, et atteste de la conformité aux exigences générales de sécurité et de performance.

Le fabricant tient par ailleurs à la disposition des autorités la documentation permettant de comprendre la conception, la fabrication et les performances du dispositif, et met en place une surveillance après commercialisation.

Un dispositif sur mesure ne porte PAS le marquage CE

C'est une confusion courante. L'article 20, paragraphe 1, du règlement 2017/745 réserve le marquage CE aux dispositifs autres que les dispositifs sur mesure. Une couronne ou un appareil amovible fabriqué pour un patient donné n'est donc pas marqué CE : il est accompagné de la déclaration de l'annexe XIII. Un donneur d'ordre qui vous réclame un « marquage CE » sur une prothèse sur mesure se trompe de cadre.

Sous-traitance

Sous-traitance et prothèses importées : qui répond du défaut ?

Faire usiner à l'extérieur ou importer une pièce ne transfère pas la responsabilité à l'atelier qui l'a produite. Le laboratoire qui livre reste en première ligne.

Le scénario à anticiper

Un lot de couronnes usinées à l'étranger présente un défaut de matériau. Le patient et le cabinet se retournent vers le laboratoire français dont le nom figure sur le devis normalisé et la déclaration.

Sans RC Pro couvrant expressément les produits livrés et la sous-traitance, la reprise des travaux et les séances perdues du praticien restent à votre charge. Le recours contre un atelier hors UE, lui, est long et incertain.

Le laboratoire qui remet la prothèse au cabinet est celui que le praticien connaît, celui qui figure au dossier et celui qui établit la déclaration de conformité.

Qu'une partie du travail ait été usinée chez un confrère, dans un centre d'usinage ou hors Union européenne n'y change rien : la sous-traitance doit être identifiée dans la documentation, et le recours contre le sous-traitant reste une affaire entre vous et lui.

Pour les pièces venues de pays tiers, le règlement 2017/745 crée en outre un rôle d'importateur (article 13), assorti d'obligations de vérification et d'action corrective. Et sur le terrain de la réparation du dommage, la logique de la responsabilité du fait des produits défectueux fait peser la charge sur le fabricant, son mandataire et l'importateur.

À faire vérifier au contrat.

Trois clauses décident : la garantie « RC après livraison / produits livrés », la couverture explicite de la sous-traitance, et la territorialité : un contrat limité à la France peut poser problème dès lors qu'une partie de la chaîne se situe ailleurs.

Ce qu’elle couvre

Ce que couvre, et ne couvre pas, la RC Pro du laboratoire

✓ Couvert par la RC Pro

  • ✓Dommage causé par une prothèse non conforme ou défectueuse
  • ✓Reprise des travaux et frais consécutifs chez le praticien
  • ✓Dommages corporels consécutifs à un défaut du produit livré
  • ✓Dommages aux biens confiés par les cabinets (selon extension)
  • ✓Défense en cas de réclamation, expertise et procédure

✕ Hors RC Pro

  • ✕Votre local, vos machines et votre stock (→ multirisque laboratoire)
  • ✕La panne d’une machine et l’arrêt de production (→ bris de machine, perte d’exploitation)
  • ✕La faute intentionnelle
  • ✕Les pénalités contractuelles de retard purement financières, sauf extension
  • ✕Vos revenus en cas d’arrêt de travail (→ prévoyance)
Code des assurances

Article L.124-5 : la garantie subséquente de droit commun

En base réclamation, la garantie couvre les réclamations formulées pendant un délai suivant la résiliation ou l'expiration du contrat. Ce délai ne peut pas être inférieur à cinq ans, et le plafond de la garantie subséquente ne peut être inférieur à celui de l'année précédant la résiliation.

Attention à une confusion fréquente : l'article L.251-2 du code des assurances, souvent cité pour la garantie subséquente de dix ans, vise le dernier contrat d'un professionnel de santé de la quatrième partie du code de la santé publique.

Le prothésiste dentaire n'en fait pas partie : c'est le droit commun de l'article L.124-5 qui s'applique à lui.

Pourquoi la subséquente compte ici

Une prothèse posée aujourd'hui peut être mise en cause des années plus tard. Si vous changez d'assureur ou cessez l'activité, ce sont les travaux déjà livrés qui restent exposés. Vérifiez la durée effective de votre reprise du passé à l'entrée du contrat, et de la garantie subséquente à la sortie.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la RC Pro du prothésiste dentaire

La RC Pro est-elle obligatoire pour un prothésiste dentaire ?
Aucun texte ne l'impose : l'obligation d'assurance de l'article L.1142-2 du code de la santé publique vise les professionnels de santé, et le prothésiste dentaire n'en est pas un : il est artisan. Elle est en revanche exigée en pratique par les cabinets et centres dentaires, par le bail du local et par les appels d'offres.
Une prothèse qui casse engage-t-elle ma responsabilité ?
Si la casse vient d'un défaut du produit (matériau inadapté, malfaçon, porosité, non-conformité à la prescription), oui, au titre de la responsabilité du producteur (article 1245 du code civil). Si elle vient d'un défaut de pose, d'un réglage d'occlusion ou d'un plan de traitement inadapté, la responsabilité est celle du chirurgien-dentiste.
Le patient peut-il agir directement contre le laboratoire ?
Oui. L'article 1245 du code civil rend le producteur responsable du dommage causé par un défaut de son produit, qu'il soit ou non lié par un contrat avec la victime. Le patient doit toutefois prouver le défaut, le dommage et le lien entre les deux.
Mes prothèses doivent-elles porter le marquage CE ?
Non. L'article 20, paragraphe 1, du règlement (UE) 2017/745 réserve le marquage CE aux dispositifs autres que les dispositifs sur mesure. Une prothèse sur mesure est accompagnée de la déclaration prévue à l'annexe XIII, remise au patient ou à l'utilisateur.
Suis-je responsable d’une prothèse que j’ai fait usiner à l’étranger ?
Vis-à-vis du cabinet et du patient, oui : vous êtes le laboratoire qui livre et qui établit la déclaration de conformité, et le règlement 2017/745 crée en outre un rôle d'importateur pour les dispositifs venus de pays tiers. Votre recours contre le sous-traitant est une affaire distincte. Vérifiez que votre contrat couvre explicitement la sous-traitance.
La garantie subséquente de dix ans s’applique-t-elle à moi ?
Non. Le délai de dix ans de l'article L.251-2 du code des assurances concerne le dernier contrat d'un professionnel de santé mentionné à la quatrième partie du code de la santé publique, avant cessation d'activité. Le prothésiste dentaire relève du droit commun : l'article L.124-5 impose une garantie subséquente d'au moins cinq ans.

Prêt à vous couvrir ?

Couvrez ce que vous livrez sans zone grise

Une RC Pro de fabricant, produits livrés et sous-traitance compris.

100 % gratuit
Sans engagement
2 minutes max