Le poste n°1 du prothésiste dentaire
Multirisque laboratoire de prothèse dentaire : la garantie qui compte
Un laboratoire concentre en quelques mètres carrés une usineuse CFAO, un scanner, des imprimantes 3D, un ou plusieurs fours, et un stock d'alliages précieux et de blocs de zircone. C'est là que se trouve la valeur de l'entreprise — et c'est là qu'un sinistre arrête tout.
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- la garantie que tout le monde oublie
- Bris de machine
- ce qui coûte le plus cher
- Perte d'exploitation
- le piège de la sous-déclaration
- Règle proportionnelle
Qu’est-ce que la multirisque d’un laboratoire de prothèse dentaire ?
C'est le contrat qui protège l'outil de production : le local, les machines, l'outillage, le stock et la continuité de l'activité. Pour un prothésiste dentaire, c'est le premier poste d'assurance, avant la responsabilité civile.
Le raisonnement est simple. La responsabilité civile professionnelle répare ce que vous causez aux autres — un événement possible mais rare, et dont le coût unitaire reste souvent celui d'une reprise de travail. La multirisque, elle, répare ce qui vous arrive à vous : la machine sur laquelle repose 70 % de votre production, le stock que vous avez payé, et les semaines de chiffre d'affaires perdues pendant l'immobilisation.
Un laboratoire de prothèse dentaire est, du point de vue de l'assureur, un atelier de fabrication : un local technique, des machines-outils, un stock de matières premières dont certaines de forte valeur, et des travaux en cours qui appartiennent à des tiers.
La multirisque couvre vos biens et votre activité. La RC Pro couvre les dommages que vos prothèses causent à autrui. Les deux sont distinctes et complémentaires : aucune ne remplace l'autre, et la plupart des laboratoires souscrivent les deux dans un même contrat professionnel.
Machines, fours et matériel numérique : ce qui doit figurer au contrat
Un laboratoire moderne mélange des machines très différentes, avec des modes de panne très différents. Elles doivent toutes être identifiées et valorisées.
| Équipement | Ce qui l’expose | Garantie qui répond |
|---|---|---|
| Usineuse CFAO (humide ou sèche) | Casse de broche, usure accélérée, erreur de fixation, surtension | Bris de machine (extension) |
| Imprimante 3D résine | Casse de l’écran LCD ou du module optique, résine polymérisée dans la cuve | Bris de machine |
| Scanner de laboratoire | Chute, dérèglement optique, surtension | Bris de machine, dommages électriques |
| Four de frittage / céramique | Casse de moufle, dérive de température, surtension pendant un orage | Bris de machine, dommages électriques |
| Local, agencement, postes de travail | Incendie, dégât des eaux, tempête, vandalisme | Garanties de base de la multirisque |
| Stock d’alliages et de blocs | Vol par effraction, incendie | Vol et incendie du contenu (attention aux sous-plafonds) |
Les garanties de base ne couvrent pas la panne : c’est le rôle du bris de machine.
« Mon usineuse est assurée » signifie presque toujours : assurée contre l'incendie, le dégât des eaux et le vol. Cela ne dit rien de la panne. Or une usineuse ne brûle presque jamais : elle tombe en panne. Si l'extension bris de machine n'est pas au contrat, la réparation reste intégralement à votre charge.
Le bris de machine, la garantie qui change tout
C'est l'extension qui couvre le dommage accidentel interne à la machine : la panne, la casse, l'erreur de manipulation, le court-circuit.
- Casse mécanique accidentelle (broche, axe, moteur)
- Dommage électrique, court-circuit, surtension
- Erreur de manipulation d’un salarié ou d’un apprenti
- Chute ou choc pendant un déplacement de la machine
- Frais de démontage, transport et remontage pour réparation
- L’usure normale et les pièces consommables (fraises, filtres, cuves)
- La maintenance et les révisions périodiques
- Les dommages couverts par la garantie constructeur ou le contrat de maintenance
- Le défaut d’entretien caractérisé
- Les logiciels et licences CFAO (à traiter à part)
Vérifiez trois choses avant de signer : la franchise appliquée au bris de machine (souvent bien supérieure à celle des garanties de base), le mode d'indemnisation (valeur à neuf ou valeur vétusté déduite — la différence est considérable sur une usineuse de plusieurs années), et l'existence ou non d'un plafond spécifique par machine.
La perte d'exploitation : ce que coûte vraiment une usineuse à l'arrêt
Réparer la machine ne suffit pas. Pendant l'immobilisation, les commandes ne sortent plus, les cabinets attendent, et les charges continuent de courir.
La perte d'exploitation compense la marge brute perdue et les frais fixes qui continuent : loyer, salaires, échéances de crédit ou de location des machines, assurances. Elle peut aussi prendre en charge les frais supplémentaires d'exploitation — typiquement la sous-traitance d'urgence à un confrère pour honorer les commandes en cours et ne pas perdre les cabinets qui vous confient leurs travaux.
C'est ce dernier point qui fait la différence dans un métier de flux : un cabinet dentaire qui doit reporter les rendez-vous de pose de ses patients cherchera un autre laboratoire, et ne reviendra pas forcément.
- Jour 0 — la machine s’arrête
Les usinages du jour sont perdus, les livraisons décalées
- Jour 1 à 3 — diagnostic et devis de réparation
Intervention du technicien, commande de la pièce
- Frais supplémentaires Jour 3 à 20 — délai de pièce et immobilisation
Sous-traitance d’urgence, marge écrasée
- Reprise — mais le retard reste
Carnet décalé, cabinets à rassurer
Le réflexe est de regarder le plafond. Le vrai paramètre est la période d'indemnisation : 3 mois, 6 mois, 12 mois. Sur un équipement dont la pièce peut mettre plusieurs semaines à arriver, une période trop courte vide la garantie de son intérêt.
Le stock de métaux précieux et le piège du sous-plafond « vol »
Alliages or-palladium, grenailles, chutes et déchets de coulée destinés à l'affinage : un laboratoire stocke une valeur dense, facilement transportable, donc très exposée au vol.
Les contrats professionnels standard traitent rarement ce poste correctement. Ils appliquent le plus souvent un sous-plafond « valeurs, métaux précieux et objets de valeur », très inférieur au capital « contenu » global, et conditionnent la garantie vol à des moyens de protection précis : coffre-fort scellé d'une résistance donnée, alarme reliée, protection mécanique des ouvertures.
Deux vérifications s'imposent : le montant réel du sous-plafond au regard de votre stock moyen, et les conditions de garantie — un stock laissé hors coffre pendant la fermeture peut suffire à faire tomber l'indemnisation.
- Ce qu’il faut chiffrer
- Le stock moyen ET le pic de stock (avant une grosse commande, avant un envoi à l’affinage).
- Les déchets de coulée
- Souvent oubliés alors qu’ils représentent une valeur récupérable réelle à l’affinage.
- Les conditions à respecter
- Coffre, alarme, fermeture des ouvertures : ce sont des conditions de garantie, pas des recommandations.
- Les travaux de tiers
- Les modèles et travaux confiés par les cabinets ne vous appartiennent pas : ils relèvent d’une garantie « biens confiés ».
La règle proportionnelle : pourquoi sous-déclarer coûte cher
C'est la sanction la plus fréquente et la moins comprise. Elle ne se voit qu'au moment du sinistre, quand il est trop tard pour corriger.
Article L.121-5 — règle proportionnelle de capitaux
Lorsque la valeur assurée est inférieure à la valeur réelle du bien au jour du sinistre, l'assuré est considéré comme son propre assureur pour la différence : l'indemnité est réduite dans la proportion entre le capital déclaré et la valeur réelle.
Concrètement, un atelier déclaré pour la moitié de sa valeur réelle sera indemnisé pour la moitié de son dommage, même si le sinistre est partiel et bien inférieur au capital déclaré.
Le contenu du laboratoire est déclaré au moment de la souscription, avant l'achat de l'usineuse et des imprimantes 3D. Trois ans plus tard, le parc a doublé de valeur mais le capital déclaré n'a jamais bougé. Un dégât des eaux détruit deux machines : l'indemnité est réduite dans la proportion de la sous-déclaration, sur un sinistre pourtant partiel.
Chaque acquisition de machine — usineuse, scanner, imprimante, four — doit déclencher une déclaration à l'assureur et une réévaluation du capital « contenu ». C'est deux minutes de courriel, et c'est la différence entre être indemnisé et l'être à moitié. Une déclaration inexacte du risque relève par ailleurs de l'article L.113-9 du code des assurances.
Les huit points à vérifier avant de signer
- 1 Le capital « contenu » est à jour
Il intègre le parc machines réel, à sa valeur de remplacement du jour.
- 2 Le bris de machine est souscrit
Nommément, avec la liste des machines et leur valeur unitaire.
- 3 L’indemnisation est en valeur à neuf
Sinon la vétusté déduite peut atteindre une part très importante sur du matériel numérique.
- 4 La perte d’exploitation a une durée réaliste
Calée sur le délai réel de remplacement d’une machine, délai de pièce compris.
- 5 Les frais supplémentaires sont prévus
Pour financer la sous-traitance d’urgence et sauver le carnet de commandes.
- 6 Le sous-plafond métaux précieux est suffisant
Comparé au pic de stock, pas au stock moyen.
- 7 Les biens confiés sont couverts
Modèles, empreintes et travaux appartenant aux cabinets clients.
- 8 Les conditions de protection sont tenables
Coffre, alarme, fermetures : elles conditionnent la garantie vol au quotidien.
Questions fréquentes sur la multirisque du laboratoire
La multirisque est-elle obligatoire pour un laboratoire de prothèse dentaire ?
Mon usineuse CFAO est-elle couverte si elle tombe en panne ?
Que couvre exactement la perte d’exploitation ?
Mon stock de métaux précieux est-il couvert intégralement ?
Qu’est-ce que la règle proportionnelle de capitaux ?
Les travaux confiés par les cabinets dentaires sont-ils assurés ?
Pour aller plus loin
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