Arrêt de travail, invalidité, décès

Prévoyance prothésiste dentaire : combler l’écart

Artisan, vous relevez du régime général : la CPAM verse au plus 65,84 € par jour dès le 4e jour, 360 jours maximum. Les charges du labo, elles, continuent.

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Votre régime

À quel régime le prothésiste dentaire est-il rattaché ?

La question mérite d'être posée franchement : la confusion avec les professions dentaires est permanente, et elle fausse les calculs.

La caisse du prothésiste dentaire

Le régime général des artisans : ni CARCDSF, ni CARMF, ni CIPAV

Le prothésiste dentaire installé à son compte, en entreprise individuelle ou en micro-entreprise, est un artisan. Il relève du régime général, qui a repris l'ancienne Sécurité sociale des indépendants : la CPAM verse ses indemnités journalières, l'Urssaf recouvre ses cotisations.

La CARCDSF est la caisse des chirurgiens-dentistes, la CARMF celle des médecins, la CIPAV celle de certaines professions libérales. Aucune ne concerne le prothésiste dentaire.

Cette distinction n'est pas cosmétique. Un dentiste touche la CPAM jusqu'au 90e jour, puis la CARCDSF prend le relais. Vous, vous touchez la CPAM jusqu'à 360 jours, avec un plafond bien plus bas. Une simulation faite sur le régime d'un praticien ne vous concerne pas.

Ce qui est versé

Ce que verse réellement la CPAM à un artisan

Les chiffres ci-dessous sont ceux du régime au 1er janvier 2026. Ils fixent le plancher à partir duquel raisonner.

Quatre mois d’arrêt pour une épaule

Un prothésiste seul dans son laboratoire est arrêté quatre mois pour une tendinite de l'épaule. Les trois premiers jours ne sont pas indemnisés. Ensuite, la CPAM verse au mieux 65,84 € par jour.

Pendant ce temps, le loyer de l'atelier, les échéances de l'usineuse et la sous-traitance des commandes en cours continuent. Sans prévoyance ni garantie frais généraux, c'est la trésorerie du laboratoire qui paie la différence.

Le vrai sujet n’est pas le montant, c’est ce qui n’est pas couvert

Même au plafond, l'indemnité journalière ne remplace qu'une fraction du revenu d'un chef de laboratoire. Mais le point décisif est ailleurs : aucun régime obligatoire ne prend en charge les frais professionnels.

Pendant l'arrêt, le loyer du local, les échéances de l'usineuse, les salaires des techniciens, les logiciels et les assurances restent dus. C'est ce trou que comble une prévoyance pensée pour un artisan.

Risques du métier

Ce qui arrête réellement un prothésiste dentaire

Le métier est sédentaire, minutieux et exigeant physiquement d'une manière particulière : les mains, les yeux, le dos et les voies respiratoires.

Un prothésiste travaille de longues heures en posture contrainte, sous loupe, avec des outils rotatifs, au milieu des poussières d'usinage et des vapeurs de résines et de métaux.

Les arrêts viennent surtout des troubles musculo-squelettiques (épaule, poignet, nuque), des troubles de la vision, des affections respiratoires ou cutanées liées aux poussières et aux résines, et des accidents de la main.

La particularité, c'est qu'aucune de ces atteintes n'empêche de « travailler » en général : elles empêchent de faire ce métier-là. D'où l'importance de la définition d'incapacité retenue au contrat.

La clause qui décide de tout.

Exigez une définition d'incapacité et d'invalidité appréciée par rapport à votre profession, et non à une capacité de travail générale. Un prothésiste qui ne peut plus tenir une pièce en main ou travailler sous loupe est hors d'état d'exercer, même s'il reste théoriquement apte à un autre emploi. Une clause « toute profession » vide la garantie de son sens dans ce métier.

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Les cinq curseurs d’une prévoyance de chef de laboratoire

  1. 1
    La franchise

    Le nombre de jours avant indemnisation par le contrat complémentaire : plus elle est courte, plus la cotisation monte. À caler sur votre trésorerie réelle.

  2. 2
    Le montant d’indemnité journalière

    Calibré sur le revenu net à maintenir, en tenant compte de ce que verse déjà le régime obligatoire.

  3. 3
    La garantie frais généraux

    Une ligne distincte, indexée sur les charges fixes du laboratoire, qui finance loyer, salaires et échéances pendant l’arrêt.

  4. 4
    La définition d’invalidité

    Appréciée par rapport à la profession de prothésiste dentaire, avec une prise en charge de l’invalidité partielle.

  5. 5
    Le volet décès

    Capital, rente de conjoint, rente d’éducation : le régime obligatoire ne verse qu’un capital, sans rente.

Prévoyance ≠ perte d’exploitation

Deux garanties souvent confondues. La prévoyance répond à l'arrêt de la personne : c'est vous qui êtes empêché. La perte d'exploitation de la multirisque répond à l'arrêt de l'outil : c'est une machine ou le local qui est hors service. Un laboratoire a besoin des deux, pour deux scénarios totalement distincts.

Vos salariés

Si vous employez : la convention collective des prothésistes dentaires

La prévoyance du dirigeant et celle des salariés sont deux chantiers séparés, et le second est encadré par la branche.

Convention collective

CCN des prothésistes dentaires et des personnels des laboratoires de prothèse dentaire

La convention collective nationale du 18 décembre 1978 (IDCC 993), étendue par arrêté du 28 février 1979, régit les laboratoires de prothèse dentaire employeurs. Elle encadre notamment les classifications, la rémunération et les régimes collectifs applicables aux salariés.

Le chef de laboratoire travailleur non salarié n'est pas couvert par ces régimes collectifs : sa propre protection relève d'un contrat individuel. C'est une erreur fréquente de croire que le contrat souscrit pour l'équipe couvre aussi le dirigeant.

Les apprentis.

Les laboratoires forment beaucoup en apprentissage. Un apprenti est un salarié : il entre dans les obligations d'employeur, dans la couverture collective et dans la responsabilité de l'entreprise, y compris pour un dommage causé à une machine : d'où l'intérêt d'une garantie bris de machine couvrant l'erreur de manipulation.

Questions fréquentes

Questions fréquentes sur la prévoyance du prothésiste dentaire

À quelle caisse cotise un prothésiste dentaire indépendant ?
Au régime général, comme tous les artisans (l'ancienne Sécurité sociale des indépendants y a été intégrée) : la CPAM verse les indemnités journalières et l'Urssaf recouvre les cotisations. Il ne relève ni de la CARCDSF (chirurgiens-dentistes), ni de la CARMF (médecins), ni de la CIPAV.
Combien verse le régime obligatoire en cas d’arrêt de travail ?
L'indemnité journalière est égale à 1/730 du revenu d'activité annuel moyen des trois dernières années civiles, retenu dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € au 1er janvier 2026). Elle est plafonnée à 65,84 € brut par jour au 1er janvier 2026, versée par la CPAM à partir du 4e jour d'arrêt et pendant 360 jours au plus sur trois ans.
Faut-il une ancienneté pour être indemnisé ?
Oui : il faut justifier d'au moins douze mois d'affiliation continue au titre d'une activité indépendante, être à jour de ses cotisations maladie, et déclarer un revenu annuel moyen suffisant : en dessous de 4 582 €, l'indemnité journalière est nulle.
Le régime prend-il en charge les charges de mon laboratoire ?
Non. Aucun régime obligatoire ne couvre les frais professionnels. Pendant l'arrêt, le loyer, les salaires, les échéances de financement des machines et les abonnements continuent de courir : c'est le rôle d'une garantie frais généraux au sein d'un contrat de prévoyance.
La prévoyance remplace-t-elle la perte d’exploitation ?
Non, ce sont deux garanties distinctes. La prévoyance répond à l'arrêt de la personne, la perte d'exploitation à l'arrêt de l'outil de production (machine en panne, local sinistré). Un laboratoire a besoin des deux.
Mes salariés sont-ils couverts par mon contrat ?
Non. Les salariés relèvent des régimes collectifs prévus par la convention collective des prothésistes dentaires et des personnels des laboratoires de prothèse dentaire (IDCC 993). Le chef de laboratoire travailleur non salarié doit souscrire un contrat individuel pour lui-même.

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